Skip to main content Help Control Panel

Accueil

De la théorie à la pratique «  

A Münich, ça coule de source

De l'eau de source au robinet, L’implication des collectivités locales dans la protection de l’eau

 

Comment une agglomération de 1,3 millions d’habitants peut-elle faire aujourd’hui l’économie de toute potabilisation de l’eau ?

La ville de Munich trouve son alimentation en eau potable à partir de la vallée du Mangfall, située à 40km.
A la fin du XIXième siècle, afin de préserver la précieuse ressource, la municipalité procède à l’acquisition de 1600 ha de terres du bassin hydrographique du Mangfall. Ces terrains sont ensuite boisés et entretenus par le service forestier municipal.
Au début des années 1990, le service des eaux note la très lente mais constante augmentation des teneurs en polluants d’origine agricole. Les résultats ne sont pas alarmants : « Les plus mauvaises analyses font état d’un maximum de 15mg de nitrates/L en 1989 et de 0,065 migrogrammes de pesticides/L en 1993, valeurs qui sont très en-dessous des valeurs limites de la directive « nitrates » (50mg/L) et de la directive « pesticides » (0,5 microgrammes/L) ». Néanmoins, l’alerte est prise au sérieux et la ville décide alors de mettre en place des mesures de protection de la ressource en eau.

Les mesures mises en place par la collectivité pour protéger l’eau

En 1991, la ville délimite un périmètre de protection des captages : 6000 ha dont 2250 de terres agricoles, le reste étant occupé par la forêt. Ce périmètre de protection correspond à la zone d’influence des points de captages d’eau.
Sur ce périmètre de protection, la ville décide d’encourager le développement de l’Agriculture Biologique. Elle entreprend alors un travail en collaboration avec les associations de producteurs biologiques (Demeter, Bioland et Naturland) afin de sensibiliser les agriculteurs aux enjeux de protection de l’eau. Principal enseignement de cette phase de sensibilisation : le changement doit être accompagné, techniquement et financièrement.

  ombelle1.jpg

Persuadée de la pertinence du projet, la ville estime que des moyens méritent d’être engagés. Un soutien à tous les échelons des filières biologiques a été mis en place sur le long terme :
· La municipalité finance intégralement le premier conseil donné par les associations aux candidats à la conversion ainsi que les contrôles annuels, les agriculteurs devant adhérer à l’association de leur choix.
· La municipalité verse une aide aux producteurs pour « honorer leur contribution à la protection de l’eau, compenser la diminution des rendements et les investissements » (Poitereau et Meiffren, 1999). Montant : 280€/ha pendant les six premières années et 230€/ha les douze années suivantes.
· L’Etat verse également des aides : 442€/ha/an pendant cinq ans, dans le cadre des programmes agri-environnementaux.
· La ville privilégie l’approvisionnement en produits biologiques dans ses établissements (crèches, cantines,…)
· Les associations de producteurs biologiques ont fondé un groupe de travail qui s’occupe de la transformation des produits biologiques par des entreprises spécialisées et de l’ouverture de débouchés dans les commerces.

Les effets du changement

Les effets sur les ressources en eau

Les 110 millions de m3 consommés chaque année par les habitants de Münich et ses 20 communes environnantes sont, sans traitement préalable, d’une qualité qui s’apparente à celle d’une eau minérale.